Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées

Journée d'ouverture

Deux rencontres de travail sur le thème de l'année permettent de réunir l'ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Journée nationale, à Marseille

Organisée par le CPP du Sud-Est

Comme chaque année a lieu au printemps la Journée nationale.

Préludes

Journée de clôture

Deux rencontres de travail sur le thème de l'année permettent de réunir l'ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Communiqué de dernière minute :
Chers collègues,
Nous regrettons de devoir annuler la journée de clôture du Collège de clinique psychanalytique de Paris, prévue le samedi 11 juin 2016, au 92 bis bd du Montparnasse.
Cordialement,
Pour le bureau du CCPP

Stages

Stage : « L'enfant au XXIème siècle : une identité dé-genrée »

Responsables : Didier Grais et Françoise Josselin

« Du bleu pour les garçons et du rose pour les filles » : cet adage pourrait avoir fait son temps si l'on tient compte de l'injonction de parité qui émerge depuis quelques années dans notre société contemporaine. Plus actuel encore, une toute dernière législation allemande permet de déclarer à la naissance un enfant de sexe indéterminé sous une troisième rubrique : sexe neutre. L'Organisation Internationale des Intersexués revendique pour toute personne « qui naît avec plusieurs caractéristiques sexuelles différentes », la liberté de choisir elle-même quels sexes, genre et identité sociale elle adoptera. Dans certains grands magasins les jouets doivent être unisexes et ne doivent pas discriminer dans leur adresse fille et garçon. Il s'agit pour les parents de ne pas imposer à leur enfant des repères qui pourraient, redoutent-ils, les formater selon leurs sexes, avoir une influence sur leur identité, allant jusqu'à formater un nouveau concept « la transidentité ».

Mais alors comment se constitue l'identité sexuelle de l’enfant ? L'enfant a-t-il le choix du sexe ? Face au sexe qui lui a été assigné, le sujet peut accepter ou non d'être garçon ou fille, quelle que soit son anatomie. La clinique démontre au cas par cas la difficulté de ce choix. Lacan, précurseur d'une mutation du discours sur la sexualité, a distingué sexualité et ce qu'il nomme "sexuation".

Être un garçon ou une fille est lié à des choix inconscients, déterminés par les identifications et mobilisés par les théories sexuelles infantiles dont Freud et lacan ont répertorié les conséquences. « C'est qu'il n'y a que le phallus à être heureux − pas le porteur dudit » souligne Lacan en 1970.

Alors enfant unisexe, inter sexué, neutre, mâle ou femelle qui décide de son sexe? C'est à travers cas cliniques et arguments théoriques que les différents intervenants de ce stage tenteront de répondre à cette question.

  • Sur deux jours en septembre 2015, de 9h30 à 17h00
  • 24 septembre - 25 septembre.
  • Le stage aura lieu au local de l'EPFCL
    118 rue d'Assas - 75006 Paris
    (ou si nécessaire un lieu proche dont l'adresse sera précisée)

Stage : « Les psychothérapies et la psychanalyse »

Responsables : Jean-Jacques Gorog et Colette Sepel

L’écart vaut aujourd’hui aussi bien que jadis et mérite d’être à nouveau précisé et versé au débat. A l’époque de l’Encyclopédie Médico-chirurgicale sous la houlette de Henry Ey en 1955, la psychanalyse apparaît bien au chapitre des traitements de la maladie mentale. Et si la cure-type s’y trouve confiée à Bouvet, Lacan devra se contenter des variantes, de cette cure-type. Mais il en profite pour s’en emparer et affirmer qu’il n’y a pas de cure-type, que le particulier gouverne la modalité même de l’expérience analytique. Peut-être faut-il même y voir ce qui distingue la psychothérapie chaque fois définie selon une technique qui lui est spécifique (à chaque psychothérapie sa cure-type, indépendante du cas, même si elles ont chacune des indications préférentielles, et si l’une ne marche pas pour tel cas, l’essai d’une autre s’impose), là où la psychanalyse prétend valoir pour tous et néanmoins réserver un traitement propre à chacun.

Mais comment préciser cette différence ? Ce qu’on appelle le cadre, le setting propre à l’analyse, le garantirait-t-il ? Non, bien entendu, puisque cela renverrait à la cure telle qu’elle vaudrait pour tous, quoique certains éléments du cadre doivent sans doute être nécessaires. Là encore, il s’agira de préciser lesquels.

Ce qui s’avère décisif, en réalité, est le rapport au savoir. L’association libre est la règle que les psychothérapies ne respectent pas, par principe. Règle essentielle parce qu’elle implique que seul l’analysant peut dire ce à quoi il pense et que l’analyste ne saurait avoir accès à cette pensée avant même qu’elle soit formulée.

Il s’en déduit qu’il ne saurait non plus « se mettre à la place » de son patient et le conseiller avec son expérience de sage, parce que rien n’indique qu’il ferait face mieux que lui. Car sage, il ne l’est pas plus qu’un autre. Que se doit-il d’être donc, qu’est-ce qui le spécifierait, qui le garantirait ? S’il ne peut se mettre à la place de son analysant, il peut en revanche, éventuellement, lui indiquer ce que la logique de ce qu’il énonce implique comme décision, voire lui faire remarquer que cette décision a déjà été prise. Ces différents aspects seront développés par chacun des intervenants, selon la façon dont chacun aura reçu le message de la psychanalyse et saura en transmettre la teneur, et soumis à discussion, en présence des deux directeurs du stage.

Stage : « Le transfert dans la psychose - Particularités et effets thérapeutiques »

Responsables : Sol Aparicio et Frédéric Pellion

Parler du transfert dans la psychose, c’est assumer qu’il existe une clinique psychanalytique de celle-ci, et essayer d’en tirer un enseignement. Cela suppose de passer outre à la réserve initiale de Freud, qui constatait chez le sujet psychotique une absence de transfert, au sens qu’il avait d’abord donné à ce terme à partir de son expérience de l’analyse des névroses. Mais qui n’avait pas pour autant hésité à se servir de la psychanalyse pour penser sinon traiter la psychose afin d’en extraire un savoir sur la structure du sujet. C’est ainsi qu’il comparait la psychose au cristal qui ne se brise qu’en suivant les lignes de sa structure propre, mettant ainsi en relief des articulations qui, autrement, demeurent invisibles.

La clinique fait apparaître comme particularités du transfert dans la psychose les modalités du lien que le sujet établit avec le clinicien, qu’il soit teinté d’érotomanie, de méfiance ou de défiance, ou qu’il prenne la forme de cette relation au semblable « aussi élevée que celle de l’amitié » dont Lacan relevait la présence chez Schreber, en notant qu’elle est compatible avec « le désaxement de la relation au grand Autre (1) ». C’est dire qu’il s’agit pour le clinicien de saisir quelle est la place à partir de laquelle il peut rendre possible au sujet psychotique – qui en tant que tel se trouve hors discours, hors lien social –, un mode de relation dont l’existence même induit des effets thérapeutiques démontrables dans chaque cas.

1. Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Écrits, p 574.

Stages associés

Stage : « Actualité des symptômes dans la clinique »

Responsables : Anita Izcovich

La clinique pose des questions au quotidien, elle nécessite un travail constant de la théorie pour élucider les impasses. Il s’agira alors d’approfondir les concepts théoriques de Freud et des différentes périodes de l’enseignement de Lacan en les éclairant avec des cas cliniques, afin de mieux saisir les enjeux du symptôme tels qu’ils se présentent dans la direction de la cure analytique. Nous partirons d’une problématique actuelle pour les professionnels de la santé qui travaillent avec les enfants, les adolescents et les adultes.

Notre point de départ concerne les nouvelles formes de symptômes qui se présentent dans le malaise contemporain et que Lacan avait déjà repéré dans les Complexes familiaux : l’agressivité et la violence en rapport avec l’imago du double, la forme orale des complexes tels que « la grève de la faim de l’anorexie mentale » ou « l’empoisonnement lent de certaines toxicomanies par la bouche ». Si Freud disait que la fonction de la civilisation était de renoncer aux pulsions instinctives pour les inscrire dans les satisfactions substitutives, la sublimation et les valeurs morales, on constate que le discours social actuel est en défaut pour produire un ordonnancement du désir et régler le champ de la jouissance. L’effet produit est le court-circuit symbolique, la mise en acte des pulsions et leur fixation aux objets pulsionnels, notamment l’objet voix et l’objet regard dans des gadgets qui captivent la jouissance dans des leurres qui font impasse à la subjectivation. Nous explorerons les différentes manifestations des symptômes actuels à partir de vignettes cliniques.

Nous interrogerons ensuite le rapport du symptôme au signifiant et à la métaphore, dans ce que Lacan appelait, à partir de Freud, les énigmes de l’inhibition et les oracles de l’angoisse, afin d’éclairer le rapport à la castration dans la névrose. Il s’agira alors de croiser l’enseignement de Lacan des années 60 avec celui des années 70, pour élucider le rapport du symptôme au désir et à la jouissance, dans la rencontre des mots avec le corps. Concernant l’enjeu du symptôme de l’enfant dans la structure familiale, il répond à l’irréductible d’une transmission, en réalisant la place de l’objet a condensateur de jouissance dans le fantasme.

C’est ce qui nous amènera à faire la distinction, à l’intérieur de la névrose, entre d’une part l’hystérie comme hiéroglyphe et symptôme d’un autre corps, d’autre part l’obsession dans ses labyrinthes entre le doute et le combat de l’angoisse par des leurres. Se pose alors la question de la direction de la cure dans la névrose, c’est-à-dire comment les impasses du symptôme trouvent une issue dans la construction du fantasme.

Il s’agira d’autre part d’éclairer comment dans la psychose, étant donné que la manifestation du réel ne peut se symboliser dans le symptôme, le sujet se situe sans médiation face à l’Autre. Nous interrogerons alors la direction de la cure du côté de ce qui vise la stabilisation et la restructuration imaginaire, dans ce que Lacan a appelé un sinthome qui serait prothèse.

C’est ainsi que nous en arriverons à l’enjeu des fins thérapeutiques et des fins de l’analyse. C’est donc à partir de ces outils théoriques et de l’étude de cas cliniques que nous étudierons comment repérer les symptômes, quels sont les écueils à éviter dans la direction de la cure à orienter selon les différentes structures cliniques.